Le renoncement du Libertin…

18 août 2007 at 8 h 34 min (Jets d'encre)

Le Sujet est Libre… d’Entrée en Matière!

L’envie de pénétrer cette matière, celle de nos chairs, de nos âmes et en extraire ce qui inquiète, ce qui sommeille, ce qui menace, ce qui gît-là, dont nous ne nous méfions qu’à force de combats.

Du Libertin qui s‘interroge sur ce monde qui l’entoure à celui qui renonce, qui courbe la tête, qui s’incline devant ce qu’il ne maîtrise pas.

Et si le Libertin en nous, nous faisait peur, si cette liberté devenait trop lourde à porter, si pour mieux nous perdre dans l‘amour, nous renoncions à ce qui nous donne envie d‘y goûter à jamais?

L’holocauste du Soi Libre:
sembler à ceux qui passent, se fondre dans la masse, n’être qu’une ombre qui s‘efface?

Devons-nous goûter à toutes les prisons pour n’en aimer que mieux l’utopique Liberté?

Le renoncement du Libertin
Je renonce…
comme lorsqu’on se blesse à trop de combats.
Je renonce…
pour l’amour d’elle qui confond prison et amour de moi.

Je renonce…
à l’éclat des nuits d’ivresses entre d’autres bras et ferme les yeux sur la beauté d’esprits qu’elle ne comprend pas.

Un temps je fus maître mais, pour ne pas la perdre, je me perds moi. En est-il ainsi de l’élève docile qui devient maîtresse sous mes doigts? Elle me dit tyran de ses souffrances alors qu’elle torture par ses larmes et exigences d’amour tout ce qui fait loi en moi. De mes envies de liberté, elle jette la clé des évasions. Dès à présent, si je ne lui appartiens pas c’est que je ne l’aime pas. Voici comment l’élève a pris le pas sur moi, me laissant du maître, le rôle de celui de fantoche, de ses jeux de choix. Mais quel choix me reste-t-il où pour l’aimer comme elle l’exige il me faut renoncer au libertin en moi?
Adieu ma douce liberté, puisque ses lèvres sont un poison qui me tue déjà!

Adieu mes nuits d’ivresse où l’alcool m’use plus que ne s’usent les heures.
Avec elle, je peux m’enivrer mais sans elle, elle ne le pardonne pas.

Adieu ainsi aux volutes de fumée puisqu’elle est sans cesse en train de s’exclamer qu’elle m’aime tant pour préserver mon auguste santé. « La cigarette c’est vilain, mon amour! Bouge-là de tes lèvres et embrasse-moi! » C’est ainsi qu’elle se plait à m’aimer, en voulant me sculpter en tout ce que je ne suis pas. Ainsi, le dit-elle, si tu m’aimes renonce à la beauté d’autres que moi. Si tu m’aimes, renonce à tes passions humaines pour te perdre dans mes bras.

Si je n’étais pas déjà aveugle, je verrai cette Medusa qui, jadis, eut la tête tranchée. Mais… je ne suis Ulysse et sans miroir, elle m’éblouit de son amour de Lolita.
Ainsi je renonce à ces plaisirs qui me donnaient la fièvre de l’en aimer, elle, mieux que cela. Je me range aux conventions qu’elle décrète et observe sa loi comme credo de foi. Ainsi fut-elle heureuse et je ferai semblant aussi à m’en convaincre qu’aimer c’est cela.

Pas de regrets n’est-ce pas? Puisque je suis seul à lui donner cette emprise sur moi. Un jour, il faudra que je me pardonne d’être dépendant de cet amour-là! Le jour, sans doute, où elle me dira: « Stop! Entre nous, il y a eu maldonne! Tu n’es plus qu’un fantoche entre mes doigts! »

Dommage, pourtant, qu’elle ne comprenne pas que c’est l’éclat de la liberté qu’elle aima en moi et qu’à nous donner sur cette mélodie où je ne suis pas, un jour, il ne subsistera du Libertin que l’ombre d’un roi!

Le renoncement du Libertin
… raison ou déraison…
que d’oublier sa nature, cherchant à l’effacer, à l’étouffer?

Quel est le prix à payer lorsqu’on renonce à cette Liberté?

Qu’il soit de mœurs ou d’esprit,
le Libertin qui renonce est celui qui oublie ce qu’il est… mais pourquoi?
Pour qui ou quoi fait-on le sacrifice de ce qu’on est au plus profond de soi?

Et si le Choix se posait maintenant:

Cesser d’être Libertin…
…qu’adviendrait-il de Nous?
Tant de questions qui n’auront sans doute de réponse que celle de nos silences…

6 Commentaires

  1. Polyanna a dit,

    Je l\’ai trouvé très dur ton texte, très très culpabilisant ( ben oui moi j\’me retrouve quand même assez dans ta "médusa" ) .
    Ca ne fonctionne pas quand deux individus différents forment un couple, et qu\’un des deux individus tente de modeler l\’autre comme il le souhaiterai. Par contre, dans le cas où les deux individus ont les mêmes aspirations non-libertines, la relation est, je le suppose, très satisfaisante pour chacun d\’eux ! Même si, je pense que pour toi c\’est très triste de ne pas avoir d\’aspiration libertine :p 

  2. Lydia a dit,

    Ma douce Tia…
     
    Ici il n\’est question que d\’un renoncement, de ce que l\’on est au fond de soi-même pour ne vivre que dans l\’amour de l\’"Autre"
     
    Je parle d\’une Medusa comme j\’aurais pu parler d\’une vocation professionnelle ou d\’une aspiration religieuse ou politique nous "contraignant" au choix: celui de rester fidèle à ce que nous sommes, aux valeurs que l\’on défend ou renoncer à cela pour être conforme aux désirs de l\’"Autre".
     
    Et en cela , je sais que tu n\’es ni Medusa ni médusée! ^^
     
    Je reviens sur la seconde partie de ton commentaire:
     
    "Par contre, dans le cas où les deux individus ont les mêmes aspirations non-libertines, la relation est, je le suppose, très satisfaisante pour chacun d\’eux ! Même si, je pense que pour toi c\’est très triste de ne pas avoir d\’aspiration libertine."
     
    Cela marche aussi quand les deux sont libertins! La relation est aussi épanouissante en ce sens. Le libertinage peut être de moeurs ou d\’esprit. Dans les deux cas, il me semble effectivement très difficile d\’entreprendre une relation amoureuse si les deux partenaires ne sont sur ce même élan. Certains parleront de complémentarité… mais à ce niveau, je pense que les deux limites sont injoignables si l\’un des deux ne renonce pas à ses propres valeurs.
     
    Et non, ce n\’est pas triste de ne pas avoir d\’aspirations libertines. Ce qui me semble le plus triste est d\’en avoir et puis d\’y renoncer – sans vraiment avoir fait ce choix –  pour satisfaire l\’"Autre"…
     
    :*
     
     

  3. claire a dit,

    Renoncer au monde de l\’insouscience "estudiantine" pour entrer d\’un coup dans le monde du travail plein de carcans, de règles, d\’obligations et de contraintes, peut, il est vrai, ressembler à un monde privé de liberté et de plaisir.
    Mais tout changement est  bénéfique, même si ça peut paraître angoissant. Cela permet de passer à d\’autres choses qui peuvent être très positives. La vie, qui commence demain ne doit pas faire oublier celle d\’hier,mais au contraire te permettre de continuer ta route.
    Quant au mot liberté, je trouve que c\’est un beau mot, mais à part la liberté d\’esprit où là nous sommes seules à penser, je pense que depuis notre naissance nous en avons été privées. Se poser toutes ces questions font preuves d\’une grande maturité, c\’est peut-être ça l\’âge de raison. mais rassures-toi, se poser des questions c\’est aussi se remettre en question et cela arrive à tout âge, le tout est de rester dans la voie que l\’on s\’est choisi avec plaisir, sans obligation extérieur. C\’est peut-être ça la liberté.
    voilà mon interprétation de ton magnifique texte le renoncement de la "liberté"
    MOI

  4. Shantinat a dit,

    "Ce qui me semble le plus triste est d\’en avoir et puis d\’y renoncer – sans vraiment avoir fait ce choix –  pour satisfaire l\’"Autre"… " Mais si tu choisis de renoncer à certaines de tes valeurs (à définir si être libertin(e) est une valeur) pour satisfaire l\’"Autre"… , qui – de toi – ne fait pas ce choix ?
    Ta soeur…

  5. Lydia a dit,

    @ TOI:
     
    Merci d\’être là, en ces mots qui se perdent, en ces pensées qui me tiennent et de m\’offrir par tes mots ce que tu lis entre les lignes…
     
    @ MA SOEUR…
     
    Si je choisis d\’y renoncer pour moi, parce que ces valeurs ne répondent plus àce que je suis au plus profond de moi, je n\’aurai pas à me demander ce qui en moi, n\’aura pas fait ce choix. Mais si je le fais pour l\’Autre… aussi longtemps serais-je aveuglée par les sentiments, qu\’un jour il y aura toujours une porte qu\’il me faudra réouvrir, qui me ramènera à moi et à tout ce que de moi, j\’ai nié.
    Il me semble être un mensonge que de renoncer à ce que nous sommes. Peu importe si ce que nous sommes dérange, peu importe si personne ne comprend. Quitte à tout remettre en cause, quitte à tout perdre, mais ne jamais se perdre et devenir "personne"…

  6. libertin a dit,

    Merci pour ce blog intéressant! Et bonne continuation!

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